samedi 12 mai 2012
mardi 24 avril 2012
Puisque je pars en voyage...
Ne me cherchez pas près du chocolat, je n'y serai pas. Ne laissez pas de message, ma voix n'est pas au bout du téléphone. Je ne répondrai pas à vos lettres.
La crème du gâteau m'écoeure et mon coeur s'écrème.
Quand vous lirez ce mot, je serai dans cet avion, ou dans ce train, je ne sais pas. Je ne sais pas quel terminal m'accueillera, ni quel café de gare me tendra sa chaise.
Je ne sais pas encore où je me rends, mais je me rends. J'y vais, c'est parti.
Ne m'aimez plus, je n'existe plus.
Je n'ai pris aucune valise, je n'ai pris aucune attache et j'ai abandonné toutes mes photographies. Je serai inconnue, flottante dans quelque nouvelle capitale, étrangère au bruit de la ville.
Quand vous lirez ce texte, j'aurai fui toutes mes irresponsabilités, je n'aurai rien pris sur moi. Pas de passeport.
Ne cherchez jamais à me joindre.
Je ne reviendrai que lorsque je serai abreuvée de ce que je ne vis ni ne vois ici.
lundi 5 mars 2012
Conte pour soir triste...
Il était une fois, comme des milliers d'autres fois...
Une chambre à la française. Un chevalier un peu jeune qui n'avait pas encore gagné beaucoup de combats mais qui composait, dit-on, comme personne, tomba un jour amoureux d'une poupée de porcelaine aux vêtements chiffonnés. Elle rougissait perpétuellement, et ne faisait que se casser quelque chose.
Depuis l'aventure de la bergère et du ramoneur, les jouets ne regardaient plus que les éternels amants désormais réunis, et notre pauvre chevalier et notre petite poupée étaient posés par terre et ils n'étaient plus les jouets favoris de Michael et Jane.
Un jour, ils profitèrent de la sortie de la nurse pour s'enfuir. Personne ne remarqua qu'ils étaient partis. Le chevalier ne gagna jamais de combats, et la poupée eut les poignets brisés. Il n'eut pas le temps de guerroyer. Elle ne songea pas à se soigner. Ils passèrent toutes leurs heures de jouets à s'aimer comme peuvent s'aimer des jouets qui ne sont pas la bergère et le ramoneur.
Cachés dans la valise en carton au fond d'un hangar, ils disparurent du monde. Son armure leur servit de toit et la blancheur de son teint illumina leurs nuits.
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samedi 18 février 2012
Le mystère féminin
Le téléphone portable.
Un range-téléphone portable.
Un appareil photo.
Une boîte.
Une boîte.
Une boîte.
Des tickets de caisse froissés.
Des tickets de cinéma, parce que les images au dos sont jolies.
Des allumettes, car la petite boîte est belle.
Le parapluie en papier du dernier verre bu avec Monsieur.
Une montre.
Trois stylos, un qui fonctionne.
Un carnet avec des plans, un carnet pour écrire, un carnet pour faire des listes. Aucun de terminé.
Un plan de métro parisien. Elle habite Caen.
Un test de parfum qui se vide dans le sac.
Des mouchoirs qui peuvent toujours servir, un briquet qui ne sert jamais, un rouge à lèvres qui sert tout le temps.
Un foulard en boule.
Des cachets pour la tête et des granules pour le stress.
Un dizainier qui se mélange avec les trois jeux de clés.
Un agenda avec cartes de fidélité, multipliées par 50, cumulant en tout 7890 points divers permettant de remporter un abonnement à Coiffure Magazine.
Un porte-monnaie, pour les petites pièces, et un portefeuille pour la carte bleue.
La carte de visite du dernier restaurant visité. Oui on reviendra on réservera. On n'est jamais revenue.
Des lunettes de soleil assorties au...parapluie, lui-même présent, entortillé autour des oreillettes.
Des...piles.
Des gants qui commettent un crime et étouffent le carnet de chèques.
Un livre de Jacques Prévert.
mercredi 15 février 2012
Le monde est tout petit lorsque l'Amour est grand
Je l'ai vu. Et je ne m'en remets toujours pas. Quoi donc ?
There be dragons.
Des mois que j'attendais ce film, à surveiller chaque page pour avoir une date de sortie qui ne viendra finalement pas en France. Apprendre que le DVD sort en Espagne sans version sous-titrée en espagnol. Pleurer et regarder La cité de la joie.
Oui, parce que le réalisateur de There be dragons, c'est Roland Joffé, qui a à son actif The Mission et La cité de la joie. Je me rappelle très bien [séquence souvenirs ON] qu'après avoir vu les aventures du Dr. Max Lowe, du haut de mes 15 ans, je me voyais missionnaire et professeur de dessin en Inde, ou professeur d'anglais - non seulement, c'était irréaliste, mais en plus je suis germaniste [séquence souvenirs OFF]. J'avais lu le livre de Dominique Lapierre. Ici, on retrouve donc la patte de Joffé : un destin individuel fort, à un moment charnière de sa vie, face à un choix crucial. Le tout pris dans une Histoire collective prégnante, bouleversante. Max Lowe a ainsi traversé la misère des bidonvilles indiens, le courage et les faiblesses de chaque homme de cette cité. Le tout porté par une musique de Maurice Jarre extrêmement belle.
Pour There be dragons, Joffé reprend le même mécanisme. Il narre le parcours d'un fils à la recherche d'indices sur la vie de Saint Josemaria Escriva de Balaguer, le fondateur de l'Opus Dei. Le fils en question écrit au moment où le prêtre espagnol va être béatifié par Jean-Paul II (pour rappel : 2002, 300 000 personnes place Saint-Pierre). Il découvre le passé de son père pendant la guerre civile espagnole. L'homme a eu un parcours diamétralement opposé au Saint. Mais l'image du Padre n'a jamais été loin de sa vie. Là aussi, une musique très belle habille très bien les images.
Joffé est fidèle aux thèmes qui lui sont chers : la lutte contre ses propres démons, les choix de vie, le courage, le pardon qui libère, face aux bouleversements et aux violences de l'Histoire. Il fonctionne en séquences bouleversantes, comme dans La cité de la joie : des passages forts, qui marquent et se succèdent. J'ai particulièrement aimé le passage qui reprend les marques de pas dans la neige, départ de la vocation de Josemaria. Frappant aussi la scène d'exécution d'un abbé par les communistes espagnols. Le reste du temps, on ne se repose pas, on réfléchit. Si on a la Foi, on a envie d'être en prière, on est édifié. Mais la grande force des films de Joffé, c'est qu'il n'impose pas la Foi, il laisse l'être libre : le père de Roberto, Max Lowe. Mais la figure qui aime et qui croit n'est jamais loin. Comment ne pas penser à Mère Teresa en Inde, ou à ce que deviendra l'Opus Dei par la suite ? La porte est ouverte...
Le film est aussi un beau portrait de prêtre, celui tant décrié du fondateur de l'Opus Dei, prélature personnelle mal comprise dans et en-dehors de l'Eglise. Le film n'a pas le tapage du Da Vinci Code (qui se fourre le doigt dans l'oeil jusqu'au coude avec l'invention du moine de l'Opus : y'en n'a pas dans l'Oeuvre), mais il montre la figure de Saint Josemaria de façon fidèle : les pas dans la neige, la scène de sa naissance au Ciel, la vie des premiers membres... J'aime aussi beaucoup le personnage d'Aline, une femme pleine d'amour.
Certes, There be dragons n'a pas marché, n'a pas eu de producteurs partout dans le monde. Mais tant pis. Il montre aussi ce que le cinéma a de plus beau, de plus édifiant. Ça fait du bien. La technique de réalisation est on ne peut plus classique, la musique probablement pas édifiante sur le plan technique, mais l'épopée vaut son pesant d'humanité promise à la sainteté. [mode mauvaise foi ON] J'suis sûre que c'est parce qu'un film qui dit la vérité, ça plaît pas, ça remet les choses en place sur le rôle de l'Opus Dei pendant la montée de Franco au pouvoir [mode mauvaise foi OFF].
Depuis, j'écoute la bande-originale musicale en boucle.
Depuis, Chemin. Depuis, Au pas de Dieu. (Je vous laisse fouiller un peu, les amis...)
Pour conclure de façon digne cet article, je ne prends pas l'audace du mot de la fin, je la laisse à Oscar Wilde qui est cité en début de film : "Les Saints ont un passé, les pêcheurs un avenir".
dimanche 6 novembre 2011
D'après Jacques Prévert
Elle dit non avec la tête
Elle dit oui à ce(lui) qu'elle aime
Elle dit non à l'examinateur
Elle est assise
On la questionne
Et toutes les exceptions sont posées
Soudain le fou rire la prend
Et elle valide tout
Les flèches et les panneaux
Les règles et les signaux
Les phrases et les pièges
Et malgré les menaces de l'examinateur
Sous les huées des futurs conducteurs
Avec des craies de toutes les couleurs
Sur l'écran des photos de malheur
Elle raye les panneaux indicateurs.
D'après Jacques Prévert.
samedi 15 octobre 2011
Minuit au cinéma
Il est minuit, tout s'arrête ?
Oh non ! Au contraire. Fanfan a valsé toute la soirée. Elle imagine qu'elle hait ce petit Corse, qu'un capitaine défend sa vertu discutable. C'est l'heure d'un nouveau jour pas comme les autres, d'une heure neuve, d'une heure surprise, d'une heure qui recommence. On suspend l'habitude à un fil, on se positionne amoureusement entre le oui et le non, pour se séduire d'un peut-être.
Il est minuit, entre le Bien et le Mal ?
Certes, a-t-il dit. C'est l'heure où le jardin est frais et humide, presque saisissable. On y aperçoit une gouvernante, qui se demande bien pourquoi son auteur l'a laissé espérer qu'elle pourrait épouser le maître du domaine. Le coeur crevé, la gorge nouée, elle masque derrière sa silhouette noire l'amertume de cette soirée.
Il est minuit, l'heure du crime ?
John sort du cinéma, armé. Il aime bien quand le film raconte un peu sa vie sous les traits de Gable. La sienne de vie, s'écroule ce soir d'un coup. Cible atteinte. Ecran noir. Billie n'ira plus au cinéma, elle. Enroulée dans une fourrure démodée, elle regagne son vestiaire et écrase le rimmel laissé sur son mouchoir.
Il est minuit, l'heure de Cendrillon ?
Les gouvernantes du XXIème, elles, répètent sur leurs lèvres closes les répliques, elles les murmurent, elles, ces chapelets de mots romanesques. Mais en vrai, elles observent, depuis leurs fenêtres, le jardin, silencieux et désert. Finalement, ce sont les gouvernantes qui ont de la chance. Elles peuvent encore aller au cinéma. Elles peuvent encore attendre l'Être aimé et guetter l'horloge jusqu'au douzième nombre.
Il est minuit, l'heure...où tout commence.
lundi 10 octobre 2011
L'homme du téléphone
Je m'appelle Madame Roussette. J'ai 75 ans et depuis ma fenêtre qui donne sur la montée du Chemin-Neuf, j'aime bien observer les passants. Ils sont un peu mon théâtre. Depuis quelques semaines, j'attends la nuit, car un personnage de roman a investi le champ, a pris la scène. Il m'amuse, ce jeune homme. Dans son manteau noir, on dirait mon cher époux, quand il rentrait de son bureau de comptable.
Mais mon p'tit jeune homme, là, il ne doit pas avoir de portable, c'est bizarre à notre époque... M'enfin, toujours est-il qu'il utilise chaque soir, la nuit tombée, cette vieille cabine cassée, aux vitres fêlées. Au début, je croyais qu'il appelait sa maman, mais à la réflexion, je me suis dit que non... Il sourit trop fort quand il dit Allô, qu'il parle d'écharpes ou de pompons... Il reste trop longtemps, deux heures souvent. Et il galope dans cette montée, comme si sa vie dépendait du driiing ancestral du poste téléphonique.
Quand je l'observe, je bois ma tisane, bien au chaud. Je remarque ses doigts rouges, ses pieds trempés. Parfois un chat vient le voir, et il s'accroupit. Il ne lâche pas son combiné, ni la voix du bout du fil. Téléphone rouge, rouge passion ? Quand il neige, il raconte qu'il aime l'hiver.
Il semble parti loin, haut, quand il tient le combiné bleu en plastique, et pourtant il colle au décor. Un soir, il a fini son paquet de cigarettes, mon homme du téléphone. Il rougissait, le pauvre, de froid et de coeur. Il pianotait, parfois je tentais de deviner quel morceau de Chopin il jouait.
Et puis un jour, plus d'homme téléphone, plus de rendez-vous quotidien. Il a du acheter un portable. Et puis c'est l'été, il ne doit plus porter de manteau noir, maintenant.
Je me demande bien s'il a fini par épouser son interlocutrice.
jeudi 1 septembre 2011
J'ai invité le bourdon et le cafard s'est incrusté
Une chanson de Bénabar dans la tête, dont les paroles me font rire pour empêcher les larmes. Moi aussi je lis des périodiques divers, et j'ai envie d'être l'hiver. Masquée dans un manteau long et gris. J'ai pas compris. Ce matin, j'avais dressé une liste, j'avais établi un ordre des choses, chassé la poussière et pourtant. Le temps ne s'égrène pas. J'attends le soir, car la journée est mon ennemie. Il suffit d'un dernier mot, semblable à 40 autres, pour dresser un état des lieux.
Comment ça je suis comme un renard dans son terrier ? 'Veux pas entendre : "Bon et alors toi quoi de neuf ? - Oh bah tu sais pas grand-chose..." et gâcher ce Baile'ys. Peu à peu les habitudes prises se déprisent, et "Comment ça 17 heures je suis pas bien habillée et je mange des céréales ?", "Mais aujourd'hui j'ai lutté contre ma procrastination pourtant, j'ai fini...Rien."
Il pleut dans la ville comme il pleure sur mon carreau et j'ai même le temps de compter les gouttes. Aujourd'hui, j'ai inventé une histoire avec la plinthe qui rencontre la fissure de mon papier peint. Depuis ils s'aiment d'un amour tendre mais le papier est un peu collant.
Ne pas trop s'éloigner de la couette, penser qu'en se relevant pour la quinzième fois aujourd'hui, on va (res)sentir l'odeur du petit-déjeuner et croire que c'est une nouvelle journée. Rêver d'une vieille machine à écrire, vouloir placer S.P.L.E.E.N. au Scrabble, renouer avec les chansons tristes. Charles Baudelaire.
J'ai chassé le téléphone et la philanthropie, congédié l'efficacité et le miroir aux alouettes, renvoyé l'agenda qui est parti avec la liste des essentiels et l'horloge. Le calendrier l'a suivi de près. J'ai gardé l'impromptu, le stylo plume et le miel. Le chocolat. J'ai invité le bourdon pour partager le miel chaud. Mais le cafard s'est incrusté et la nuit s'en est trouvée irrémédiablement salie. Le stylo plume s'est endormi dans le carnet.
Et plus aucun mot n'est venu crever le silence gris.
lundi 16 mai 2011
Midnight with Woody
Allez, avouez. Si vous êtes passé à Paris ou y avez vécu, vous avez médité ou rêvé de vous immiscer un instant dans le Paris d'une autre époque. Si vous avez fait un Bac L, que vous avez étreint le Folio n°37*, vous savez qu'André Breton a associé l'Amour à Paris, ce film est pour vous !
Gil (Owen Wilson, petit clone de Mister Woody tant par les mimiques que par le bafouillement) est un écrivain en devenir, pris entre sa fiancée (Rachelle MacAdams) et son mariage à venir, et son impossible nostalgie de s'installer dans le Paris des années 20, Âge d'Or de la création littéraire et artistique. Un soir, aux douze coups de minuit, le voilà transporté à la table d'Ernest Hemingway et Francis Scott Fitzgerald...!

Même quand il fait du mineur, Woody s'en sort avec les honneurs. Ce New-Yorkais amoureux de Paris nous livre SA capitale sur fond de cartes postales, de lieux magiques et de jazz en bord de Seine. Une image d'Epinal certes, mais revisitée avec fraîcheur et humour, même si la réalisation n'est pas originale**. Les dialogues sont savoureux, parfois piquants, toujours délicieux. Wilson, l'acteur comique-gras américain surprend dans ce rôle d'écrivain fantasque. Ensuite il y a la blonde fatale Inez-Rachel, la brune piquante Adriana-Marion Cotillard, et une foule d'acteurs qui tiennent bien leur rôle, même cette chère Carla, et une bonne surprise au casting...! J'ai aussi bien aimé le personnage de Paul, le pédant expert en tout (surtout en narcissisme).
Pour le reste, Woody Allen a regardé sa bibliothèque personnelle, son Panthéon littéraire, et l'a envoyé dans un café parisien. Adrian Brody en Dali, Hemingway, Francis Scott Fitzgerald et Zelda, Picasso... C'est le Paris d'avant le surréalisme qui fourmille, qui bruisse de papier et d'inspiration, qui crée et qui aime, qui danse et qui se quitte, au soleil ou sous la pluie, à midi mais surtout à minuit...! Je ne suis pas Parisienne, ni forcément attachée à cette ville, mais croiser la boutique Shakespeare du 5e, le quai des Grands Augustins, les bouquinistes... sous la pluie, c'est romantique à souhait, n'est-ce pas Mademoiselle qui vend des vinyles de Cole Porter ?
Les Américains, avec leur accent si délicieux quand il parlent français, les références culturelles, quelques peu hermétiques si l'on ne les connaît pas, la petite morale de simplicité, le mystère qui plane sur le destin de Gil - dont on devine sans savoir l'aboutissement, qu'il est bon écrivain -, tout cela me donne terriblement envie d'aller causer un brin avec Aragon de son ami Aurélien, sous la pluie. Ou bien de me demander qui de Rose ou Camille fut l'épouse de Rodin.
* Petit jeu, cherchez quel est le titre de ce Folio.
** Vous pouvez aussi manquer les cinq premières minutes, qui ne sont que des vues diapos de Paris. Mais comme le film est court, vous risquez de rester sur votre faim.
lundi 7 février 2011
La Princesse aux mille soupirants
Enfin, je l'ai lue, cette Princesse de Montpensier ! Des mois que son Folio prenait le soleil sur mon radiateur... Laissez-moi vous en livrer mes impressions, avec en regard le film de Bertrand Tavernier.
L'oeuvre de Madame de Lafayette est très "ramassée" : en quelques pages, l'auteur nous fait voir un enchaînement d'actions, de sentiments qui conduisent à la fin fatale de l'héroïne. Il y a très peu de discours direct, ce qui rend le tout très distant, voire froid. On ne s'attache pas aux personnages, et Madame de Lafayette donne le sentiment d'écrire une morale pour adultes, avec une fin assassine, mais aussi une formidable observation des moeurs de son époque avec une précision digne d'une gaziettière de Renaudot. C'est finalement très beau et très bien écrit. J'ai hâte d'entamer les pérégrinations d'une autre princesse. Si vous savez, la favorite de notre Président...
Le film est très fidèle à l'oeuvre, si ce n'est qu'il a rajouté quelques séquences : notamment des scènes de guerre où l'on voit les héros mâles s'affronter pour les catholiques ou les huguenots. L'actrice qui incarne (bien en chair en plus, cette Mélanie Thierry) Marie de Mézières/de Montpensier est très féminine et l'on comprend pourquoi le tourbillon de princes et d'hommes tombe sous son charme. Les déclarations enflammées s'enchaînent au même rythme effréné que dans le livre, et cela nous permet de nous retrouver dans le même tourbillon que l'héroïne, prise entre mille feux... Si au début elle résiste aux assauts, une question de choix dans certaines circonstances la conduit à commettre l'irréparable, causant ainsi sa propre perte et la mort d'un homme. La fin est moins sombre dans le film, mais tout aussi sinistre : il y a une forme de renoncement au monde, à une vie endeuillée.
Les dialogues sont réjouissants, très élégants, même dans la colère ou la révolte, dans la peine. On peut cependant noter que les acteurs ne sont pas toujours à l'aise et les répliques sonnent parfois comme plaquées dans la bouche des personnages. Les acteurs jouent bien, voire très bien, et tiennent bien leur place. La princesse de Montpensier, dont on ne peut pas reprocher son visage très XXIème siècle, a une jolie palette d'émotions sur son visage rosi.
Il y a un jeu très intéressant autour des toilettes de la Princesse de Montpensier qui reflètent ses humeurs, ses états d'âme et ses émotions : la robe rose lorsqu'elle suscite la déclaration de Chabanes, le noir et la sobriété en fin de film... Tavernier a travaillé cette petite touche et cela rajoute à la délicatesse de son film.
Les personnages connaissent des tourments que l'on n'endure que peu à notre époque. Ils incarnent des vertus et des codes d'honneur qui n'ont plus cours aujourd'hui. Cependant, au tout début, Tavernier donne à son héroïne une forme de rebellion face au mariage arrangé. Une attitude que n'a pas la princesse de papier : le récit la rend passive. Elle n'est dans aucun cas, maîtresse de son choix : premier acte dont les effets auront de funestes conséquences. En cela, auteur et réalisateur se rejoignent.
NB : Ici, un autre avis. Mais vous devez préférer le mien.
vendredi 7 janvier 2011
God save the King
Voilà, c'est fini. Après foule de décapitations et de jugements sommaires, après un schisme, après six mariages et un ulcère, Henry VIII d'Angleterre (et de France, pour les traîtres) est mort. Les Tudors s'arrêtent sur une dernière musique. Le temps pour moi de vous parler de cette fabuleuse série qui m'a appris pas mal de choses sur une période jusque-là méconnue.
Les acteurs/personnages : Henry VIII/Jonathan Rhys-Meyers est impeccable. Il joue très bien le salopard de roy arbitraire, qui change d'épouse et de secrétaire pour un yes ou pour un no. Son vieillissement dans la série reste crédible. Il passe du roy fougueux au monarque désabusé sans problème. Une métamorphose dont l'acteur avait déjà fait la prouesse en interprétant un autre King, Elvis Presley. Il est très légendé (respectueux de ses épouses, ahem) et très érotisé, mais ça passe. Ahem. Bref.
Les épouses d'Henry ne sont pas toutes interprétées avec la même nuance : Natalie Dormer/Anne Boleyn est la plus marquante, elle imprime la série tout comme son mariage a changé le cours des choses en Angleterre. Ca a quand même foutu un sacré bordel chez nos insulaires enne...préférés. Elle joue très bien l'ambitieuse tout en gardant le petit côté légendaire attachant. Du coup, on l'aime quand même. Pauvre Catherine d'Aragon. Vient ensuite Jane Seymour, calme et seule apte à donner un héritier au roy. Elle en meurt. Son passage furtif est très émouvant. La séquence où le roy porte son deuil permet d'augmenter le cours du mouchoir de Cholet. Ensuite, ce sont Catherine Howard l'inconsciente, la prude Anne de Clèves puis Catherine Parr qui accompagnent le déclin de Sa Majesté : une adolescente inconstante, une Allemande et enfin une autre British qui évite de peu l'arrestation/coupage de tête pour trahison. Joss Stone en Anne de Clèves et Joely Richardson (Nip/Tuck) en Cath' Parr sont bien.
Parmi les autres personnages, j'ai mes chouchous : Mary Tudor, la superbelle qui deviendra reine, très bien interprétée, le duc de Suffolk, très touchant, surtout à la fin de la série, Thomas More, Robert Aske, Eustache Chapuys, l'ambassadeur de Charles Quint... Il y a en plus des guests, notamment Peter O'Toole en Pape opposé au remariage d'Henry avec Anne Boleyn.
Les costumes/décors/musiques : rien à dire. Je ne suis pas spécialiste, mais c'est très convaincant, très beau à voir. Les robes des épouses d'Henry sont toujours très belles. Le générique, à chaque saison, attire énormément le spectateur. Et enfin, mention spéciale à la musique, écoutable en boucle sur Deezer, assez géniale et très cinématographique. On en redemandera.
Et l'Histoire dans tout ça ? Ben le must, c'est qu'elle n'est pas trop écornée ! Hormis le personnage de Henry VIII, le reste est assez fidèle. J'avais des pages ouvertes à chaque nouvelle information pendant les épisodes et ça collait à la vérité. J'ai du coup appris pas mal de choses au sujet de cette période et me suis lancée dans un livre sur Henry VIII. En moins beau. Et euh, ça fait moins pleurer quand il meurt. Les scénaristes ont su jouer entre l'Histoire et mettre beaucoup de romanesque, ce qui donne en tout un savant dosage qu'il ne me reste plus qu'à vous conseiller !
NB : un film sur Elisabeth (Tudor) 1ère d'Angleterre, la fille d'Henry, dont le règne dura 44 ans, a été tourné avec Cate Blanchett, Elisabeth. Deux soeurs pour un roi raconte les liaisons d'Henry avec Mary et Anne Boleyn. Cette dernière a fait l'objet de poèmes, pièces, et sa légende : celle de la Reine qui meurt pour son Roy, en fait l'un des personnages marquants de l'Histoire britannique. Tout comme Henry VIII et Elisabeth.
jeudi 30 décembre 2010
Pause écriture !
Le frimas de l'hiver a eu raison de moi, les tasses de chocolat m'appellent à mon bureau, dans la chambre qui m'a vue grandir (ou presque)... Un peu de silence sur ce blogue, mais des idées qui noircissent des pages. C'est parti pour une épopée chevaleresque, un manuel de l'essentiel et une farandole parisienne... !!
Je n'en dis pas plus...!
lundi 13 décembre 2010
N'est pas Jane Austen qui veut !
Pardon pour les lecteurs. Il va s'agir ici de littérature féminine. Promis, un jour, je me rattraperai. Mais cependant, les lectrices ne vont pas non plus ressortir avec une idée de cadeau ou de lecture pour le coin de la cheminée avec le chocolat chaud.Il est difficile de lire Les caprices de Miss Mary. Car ce livre est non seulement mauvais, mais il est en plus médiocre. Pour les fans de Pemberley et autres destinées austeniennes, si vous le lisez, accrochez-vous. Ca fait mal à Jane. Et je vais vous dire pourquoi.
L'intrigue. Après la mort de l'horripilante Madame Bennet, Mary souhaite quitter la tutelle de Fitzy Darcy pour mener sa propre vie. À quarante ans, encore célibataire, elle dévore les chroniques sociales d'Angus, un journaliste qui dénonce les atrocités de l'Angleterre industrialisée. Mary, qui veut gagner sa vie et son indépendance, part sur les routes pour écrire un livre qui dénoncera les conditions de vie des miséreux. Et personne, pas même l'autoritaire Darcy, ne l'empêchera de se réaliser, après avoir vécu dans l'ombre.
L'auteur(e?), c'est Colleen MacCullough. Déjà, ça aurait dû retenir ma lecture. Pour mémoire-ou-info, Colleen nous a quand même commis un best-seller de la littérature-guimauve sur plus de 600 pages, dans les années 80, avec le mythique Les oiseaux se cachent pour mourir. L'histoire d'un prêtre devenu cardinal, quand même amoureux d'une femme portant une robe rose couleur de cendre. Aveu numéro Un : j'ai lu ce pavé, même vu le film. Ahem. Bref, entre Colleen et Jane, malgré le fait qu'elles se retrouvent dans le même rayonnage littérature britannique, y'a un fossé. Colleen écrit mal, à mon goût. Et pour oser faire une suite à Pride and Prejudice (Orgueil et préjugés), 'faut de l'audace. Cela implique de toucher à Saint-Darcy, et de priver les austeniennes de toute imagination d'avenir radieux pour les personnages. En même temps, c'est surfer sur la vague facile janeaustenmaniaque. Facile. Et pourtant, elle a raté. Mais POURQUOI ?
Aveu numéro Deux : je ne suis pas fan de Jane Austen, ni même de son écriture #pastuer, je savoure pourtant les adaptations filmées de ces oeuvres avec joie (et bonne bouffe). Je la trouve terne, et fade par rapport à la richesse de ces personnages, dont la peinture psychologique reste la plus grande réussite. En ce sens, Colleen est mon amie. Aveu numéro Trois : mon favori, c'est Sense ans Sensibility (Raison et sentiments). Ceci étant dit - je suis toujours vivante - Colleen a fait comme Maurice le poisson rouge. Elle dépasse un peu trop les bornes des limites.
Le féminisme austenien dévoyé. Chez Austen, les femmes sont les personnages principaux, et sont dotées de sacrées personnalités, pour la plupart. Cultivées, réfléchies, ironiques, tendres, sottes, gourdes, insupportables, tout y est. Leur féminisme est bien réel : elles se montrent capables (et ne font pas que le revendiquer bêtement) de se distinguer par l'opinion, la personnalité, de leurs (futurs) époux. Une fois ce point évoqué, on observe que ces femmes font le choix de la liberté dans la soumission et l'obéissance à leurs époux (non mais vous voyez Darcy pouponner vous ?!). On aime. Ou pas. Mais il en est ainsi chez Jane Austen. On peut d'ailleurs noter que si cela marche dans ses romans, cela n'a pas "fonctionné" pour elle-même, qui décéda seule et sans époux digne d'elle. Or, chez MacCullough, le féminisme qu'elle confère à son personnage principal, Mary Bennett donc, la soeur de Jane, Lizzy et tutti quanti ne "colle pas". Il est trop empreint de modernité post-époque victorienne. Trop militant. En outre, Mary tranche trop avec l'image que l'on a d'elle dans le livre d'Austen. Si bien que cela n'est pas crédible du tout. Pourtant, il y avait de l'idée à reprendre ce personnage. On voit aussi le même écueil pour les autres soeurs Bennett (accrochez-vous) : Jane en femme trompée, Lizzy en mère au foyer nunuche, non.
Les personnages masculins sont terribles. Darcy est dur, sec, égoïste, ambitieux, négligent, méprisant, mauvais père. Il ne lui reste aucune qualité. Quant à Bingley, c'est un esclavagiste adultère. Colleen prend presque un malin plaisir à détruire ces deux modèles masculins. Darcy surtout en prend pour son grade. Ca fait vraiment mal, un mythe littéraire autant écorné, sans réflexion ou portée littéraire. Mais surtout, cela est incohérent avec l'oeuvre d'origine : Jane Austen a aussi introduit un aspect "roman d'éducation sentimentale". Avec son livre, MacCullough revient dessus et fait de l'ascension morale des personnages un cycle : s'ils reviennent à leur mauvaise nature chez elle, pourquoi ne pas continuer indéfiniment à faire de Fitz une brute épaisse quand il s'unit à son épouse, à faire de Bingley un esclavagiste immoral après leur demande de repentir ? Ainsi, l'influence positive de Lizzy est inexistante. De fait, sa portée littéraire qui l'amenait chez Austen à transformer Darcy en homme bon n'existe plus. Le personnage n'a plus de but fictionnel. Moche. D'autant plus que Mary ne prend qu'une tournure ridicule et grotesque.
L'intrigue (trop) rocambolesque. Du début à la fin, Colleen a fait le choix de l'action à un rythme effréné. Cela tranche trop, là aussi, avec l'accent de l'oeuvre d'origine sur les évolutions psychologiques plus que sur les péripéties. Il arrive à Mary beaucoup trop de choses improbables, peu crédibles, totalement loufoques. Si encore MacCullough avait évolué vers une aventure à la Dickens, on aurait pu voir une double influence très riche. Que nenni. Du début à la fin, les mésaventures de Mary sont peu intéressantes. Mais en plus, on ne parvient pas à compatir avec le personnage (ni même avec les autres en fait). La fin totalement abrupte, ne convainc pas. Bref, là aussi, passez votre chemin. La fin des autres personnages n'est pas non plus totalement satisfaisante.
Cerise sur le gâteau. Il nous le fallait ! Pour finir sur un parfum de scandale, Colleen a fait du seul fils de Darcy un être efféminé, littéraire, poète (clichééé !) que Fitz méprise. Ajoutez à ça un goût pour les détails sans intérêt (les règles de Mary, tout un poème), des scènes sans portée visuelle... J'ai envie d'un Charlotte Brontë pour cet hiver, pas vous ?
PS : Là, y'a un article positif.
mercredi 8 décembre 2010
Love you
Je suis amoureuse. C'est sa faute. C'est aussi à cause de lui que j'ai voulu commencer le journalisme. Dans mes rêves les plus fous, je passais plus d'une heure avec lui, et j'écrivais l'interview idéale. Aujourd'hui, je ne sais plus si je voudrais toujours le passer à ma question. D'autres le font, et il répond avec brio. Il vient d'une époque où le cinéma français avait encore de la gueule. Sa gueule.
Alain Delon a commencé dans le sillage des plus grands maîtres du cinéma. Petite frappe banlieusarde, engagé volontaire dans l'armée ou super pote de malfaiteurs, l'homme est à lui seul un héros de Manchette ou de tout autre polar vendu dans un hall de gare. Paris, c'est son terrain. Tout ça tombe finalement plutôt bien, parce que les truands ou les poulets, il va les fréquenter assidûment sur tous les Pathé de France et de Navarre pendant une bonne trentaine d'années. Moi quinze ans plus tard, je découvre Paris au gré des courses-poursuites - et des VHS enregistrées - dans les vieilles bagnoles blanches que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, moi y compris. Sauf que moi si, en fait.
Comme je suis quand même une fille, je l'aime bien aussi faisant l'amour et la guerre en Italie dans Le Guépard, je suis à ses pieds quand il plonge dans La piscine avec cette veinarde de Romy Schneider, et je minaude un peu - mais pas trop, c'est quand même Delon - quand il offre des caramels à Dalida. Encore aujourd'hui, il a la classe, celle des vrais grands : quand il explique la différence entre acteur et comédien et qu'il se range dans la première catégorie, on comprend qu'il n'est pas si orgueilleux que cela, on l'écoute et on la ferme. Que pu****, il l'a mérité, sa place en Plein soleil.
Comme je suis amoureuse, je fais souvent pause quand on aperçoit un rictus narquois sur sa gueule, quand ses yeux bleus scillent à peine, à la recherche de la clé qui pourra débloquer la voiture. Je lui donne le Bon Dieu sans confession, même quand il est le tueur de Philippe Greenleaf. J'aime quand il fume et que personne ne l'emmerde parce qu'il est à l'intérieur du bar. J'aime quand il parle de sa voix grave contre un flic, un voyou ou une femme. Je suis contre la peine de mort quand Gabin ne peut pas le sauver, et j'aime les oiseaux quand il nourrit son canari. Je lui pardonne ses infidélités, ses compagnes nombreuses sur la pellicule... et même dans sa vie. Même ses films plutôt genre série B à faire se marrer Les Inconnus. Parce qu'un jour Tancrède, Guillaume de Saint-Preux, Le samouraï... ont transformé la dégustation d'un verre de Bayley's en petit moment de cinéma, à la papa. Sauf que moi, je n'ai jamais revendu les disques de ma soeur pour me payer une place - y'a prescription.
Aujourd'hui, ça m'fait un peu mal, tout ça. Parce qu'y'a plus d'films. Y'a bien eu un navet, des séries télé pour me faire patienter, des Paris-Match piteusement pathétiques, des participations douteuses à la télé. Il parle de lui à la troisième personne quand il évoque la nostalgie des Melville, Romy, Ventura, Gabin, comme s'il s'était laissé là-bas, avec eux, dans les studios de Boulogne-Billancourt, ou en train de poser pour la photo NB Harcourt. Il n'a plus de réalisateur pour le faire tourner, plus d'actrice pour succomber à son charme, plus de truand à dézinguer au coin d'une rue du IXème arrondissement. Et de toute façon, sa cigarette, coincée trop haut entre les premières phalanges de l'index et du majeur droits, est interdite dans les lieux publics.
J'me cale dans l'fauteuil, j'lui indique la sortie du piano-bar avant l'arrivée du commissaire. Parfois je le croise quand j'attends le bus. Et quand il pleut bien sur Paris, que le ciel est gris, je sors mon imper, mon Borsalino (je l'ai acheté exprès, lui...) et je vais chercher Jeff Costello.
lundi 1 novembre 2010
Journalisme Céleste
CIEL, 1er novembre 2010 - En ce jour de la Toussaint 2010, Dieu tout-puissant se rendit compte que son troupeau bien-aimé manquait d'un solide moyen d'information pouvant relayer la Bonne Nouvelle et la Vérité. Il convoqua donc Joseph Ratzinger et lui demanda de fonder un journal vivant. Aussitôt dit, aussitôt fait : le Saint-Père réunit la plus grande conférence de rédaction que le Ciel connut jamais. Les nominations ne se firent pas atttendre, et chacun se mit immédiatement au travail.
Titre du journal : l'E.C.U. (Eglise Catholique Universelle).
Devise : "Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie". "L'auréole, parce que je peux la valoir".
Directeur de la publication : Dieu Tou(t)puissant ; mais on peut aussi s'adresser à son Fils, Jésus de Nazareth, ou au Saint-Esprit. La Prière, Chapelet ou Rosaire, restent les meilleurs moyens.
Rédacteur en chef : Cardinal Joseph Ratzinger (nom de plume Benoît XVI). Auteur de nombreux livres, encycliques.
Chef du service économique : Saint Matthieu, spécialiste des questions financières.
Collaborateurs : Zachée, le jeune homme riche pour la Bourse et les grandes entreprises.
Chronique régulière de la Veuve généreuse.
Chef du service culture : Saint Jean, amateur de représentations symboliques.
Collaborateurs : aux pages Livres, c'est Saint Thomas More qui a été désigné. On dit qu'il a encore toute sa tête. Même chose pour Sainte Cécile, nommée à la rédaction des Pages musicales. On cherche encore un Saint Collaborateur pour les critiques cinéma.
Pages Histoire : Saint Thomas d'Aquin.
Supplément Vocation féminine : Coordinateur général : Saint Luc.
Pages Mode : Sainte Marie-Madeleine, spécialiste en soins des cheveux et parfums qui mettent en odeur de sainteté.
Pages Cuisine et Arts de la Table : Sainte Marthe, toujours en train de tester ses bonnes idées.
Pages Famille : Marie de Nazareth, qui est également chargée des pages Vins, depuis les Noces de Cana.
Pages Santé : Marthe Robin, Sainte Bernadette, la fille du Centurion.
Pages Nature : Saint François d'Assise, qui parlera aussi de respect de la Création.
Pages Enfants : Sainte Agnès, Saint Tarcisius et Sainte Maria Goretti. Ont une convention exceptionnelle en raison de leur âge.
Pages Education : le Saint trio de Sainte Angèle Mérici, Saint Jean-Baptiste de la Salle et Saint Ignace de Loyola.
Pages Actualités universelles : Sainte Thérèse de Lisieux a accepté la tête du service. Le correspondant en Asie sera Matteo Ricci. Pour les Amérique, Sainte Kateri Tekakwita et Notre-Dame de Guadalupe. En Europe de l'Est, Karol Wojtyla (nom de plume Jean-Paul II) sera notre chroniqueur régulier. Pour l'Afrique, ce sont Saint Augustin et Bienheureux Charles de Foucauld nos journalistes sur place. Ce dernier est actuellement en reportage et en prière en Irak. La France, en tant que "Fille aînée de l'Eglise", aura ses pages spéciales tenues par Saintes Jeanne, Geneviève et Clotilde. Saint Louis également.
Service Société : Saint François de Sales, assisté de Manuel Lozano Garrido.
Pages Sport : Bienheureux Pier-Giorgio Frassatti. Collabore également épisodiquement lors des J.O. d'hiver, Karol Wojtyla. (on l'a également vu signer dans les pages Sorties au théâtre)
Service Religion (les chouchous du Directeur et du Rédacteur en chef, mais les Saints ne sont pas jaloux et restent modestes) : Saint Benoît dirige le service. Sainte Catherine de Sienne écrit en étroite communion avec Saint Jean-Marie Vianney.
Au secrétariat d'édition, on retrouve les Archanges, Saints Michel, Gabriel et Raphaël qui relisent et corrigent les articles. Saints Cyrille et Méthode sont les maquettistes.
La chronique judiciaire est assurée par Saint Yves.
Aux Archives et à la Doc', Saint Dominique et Sainte Thérèse d'Avila ont la lourde tâche de tout ranger. Depuis 2000 ans, ça en fait du papier !
Service iconographique : Sainte Véronique, assistée de Fra Angelico. Sainte Claire a dit oui pour être la Webmastrice, avec comme JRI (journaliste reporter d'images) Saint Josemaria.
Le DRH, Saint Antoine de Padoue, cherche un Volontaire qui voudrait se sanctifier en s'occupant du service de commande des anciens et futurs numéros, abonnements. Saint en chemin ou débutant accepté. Pas besoin de présenter de CV ou de lettre de motivation, seuls les actes comptent. Bienheureuse Chiara Luce accueillera avec joie et bienveillance les nouveaux stagiaires.
Adressez votre courrier des lecteurs à Saint Marc ; si vous voulez déposer une petite annonce pour offrir ou chercher du travail, contactez Saint Joseph. Le secrétariat est ouvert éternellement et tenu par Saint Pierre. Il faudra répondre trois fois oui avant de rentrer.
Contact céleste : saintetepourtous@deogratias.com
Site Web : toussaints@deogratias.com
Adresse postale (par colombe pacifique voyageuse, service Abraham/Noé) : Vatican 00001 pour les Hommes et Femmes de bonne volonté.
jeudi 21 octobre 2010
Je suis jeune et je ne manifesterai pas
Depuis plusieurs jours (semaines), les médias nous abreuvent de l'arrivée des jeunes, lycéens, étudiants, dans les cortèges des manifestations contre la réforme des retraites. "Les jeunes". À les entendre, on a le sentiment que toute la jeunesse de France se révolte et envahit les rues de sa fraîcheur adolescente et rebelle. Toute ? Non, une part discrète et réfléchie resiste toujours à l'appel de la rue. Moi y compris.
Je ne manifesterai pas, parce que je ne veux pas - et pour une fois je vais stigmatiser - être juste "jeune". Je ne suis pas une génération issue de nulle part, coupée de son héritage et des générations précédentes. Je suis la fille de deux personnes, et je veux croire que ma vie et mes choix appartiendront au futur. Je préfère agir pour le futur en me nourrissant du passé, plutôt que de ne penser qu'au présent et aux petites semaines de grèves qui s'annoncent.
Je ne manifesterai pas, car je refuse d'appartenir à tous ces jeunes qui décrédibilisent mes conscrits par leurs propos déconstruits qu'ils tiennent dans la manifestation, qui aiment cette vie bohême dans le but de manquer les cours ou de lutter en vrac pour des causes qui n'ont rien à voir avec la réforme des retraites. Je ne veux pas répondre aux agitateurs de révolution qui incitent les jeunes à se rebeller sous prétexte d'une prétendue solidarité. Ma pensée est indépendante de l'esprit ambiant qui valorise la bien-pensance qui censure.
Je ne manifesterai pas, car je ne veux pas contribuer, même indirectement, à ce qu'un maire élu doive porter plainte contre les forces de l'ordre.
Je ne manifesterai pas, car je crois qu'en tant que Française, je peux en premier lieu exprimer mon mécontentement ou ma satisfaction par un vote, par une action politique si je le choisis, mais pas par la rue comme forme d'expression et de pression sur le Gouvernement.
Je ne manifesterai pas, car je pense que la réforme ne me concerne pas. Je suis jeune, des réformes de retraites et des gouvernements, il y en aura encore. Je veux d'abord me préoccuper de faire au mieux mon travail pour non seulement "gagner ma vie", mais participer à l'édification de la société, à la mienne. Je crois que construire une profession en se levant chaque matin fait plus de moi une Femme responsable et concernée que d'être debout, slogan en main, dans une manifestation qui ne construit rien du tout.
Je ne manifesterai pas, car je crois qu'avant d'exercer un droit, je suis en mesure de faire mon devoir d'Etat : travailler, construire, même modestement et peut-être avec peine dans le contexte actuel, je grandirai en relevant des défis qui forment la jeunesse. Je préfère l'héroïsme activiste à l'héroïsme rebelle qui s'éteint en même temps que les ardeurs de la jeunesse.
Je ne manifesterai pas, car je ne crois pas que le travail soit forcément une prison. Je suis certes une privilégiée qui a choisi son métier. Mais je veux plutôt témoigner de l'aspect vocationnel d'une profession, de la satisfaction et de la fierté que l'on peut tirer d'un travail bien fait, quel qu'il soit. Je veux croire que la richesse d'un travail ne vient pas forcément de la richesse financière qui en découle, mais de l'occasion qu'il offre à chaque Homme de s'épanouir, de grandir et d'offrir. Je veux espérer que pouvoir faire un métier, même difficile, jusqu'à 67 ans, peut-être fait s'il permet d'offrir à sa famille un moyen d'être fier de soi, et de prouver que l'on fait de son mieux pour ceux que l'on aime. Je crois plus à l'édification et à l'élévation d'un homme et d'une société par son travail laborieux et discret plus que par les cris de la rue.
Je ne manifesterai pas, car je crois que les mobilisations qui bloquent les universités privent les étudiants d'un droit plus sacré pour moi encore, que celui du droit de grève : le droit à l'éducation et à la formation. Je crois que la formation est l'un des moyens de préparer son avenir en construisant, en réfléchissant, en apprenant... Je crois que jamais l'éducation et l'enseignement, les diplômes ne doivent être bradés en fonction d'agitateurs sociaux qui n'offrent que la rebellion à des jeunes inquiets sur les bancs de la faculté. Je rêve qu'un jour ces agitateurs au lieu de s'opposer frontalement avec les patrons, devraient faire le lien avec cette jeunesse qu'ils veulent convaincre d'être la génération sacrifiée.
Je ne manifesterai pas, car il y a des valeurs qui transcendent le travail et le pouvoir d'achat. Les amitiés durables, la famille, seront autant de joies dispersées dans les heures laborieuses et les longues années travaillées de mon existence. Je veux croire que ma capacité à accueillir la vie sera signe d'espérance pour un avenir radieux où les générations se renouvelleront, et contribueront à leur tour à s'occuper de la pension des générations plus âgées. C'est à cet effort-là sur le long terme, que je veux offrir ma jeunesse. Je ne me satisferai jamais d'une mobilisation à court-terme qui se nourrit d'un pessimisme destructeur.
Je ne manifesterai pas, car mon grand-père maternel, cheminot de son métier, n'a jamais mis les pieds dans une grève, ne s'est jamais plaint de ses conditions de travail, parce qu'en échange les billets gratuits offerts par son employeur lui ont permis d'offrir des vacances à la mer à ses enfants, un abonnement à l'Equipe pendant de longues années et des rustines pour les roues de son éternel vélo. Parce qu'il a cru qu'être un homme responsable, ça n'est pas placer le bonheur dans l'attente de la retraite comme âge d'or, mais à chaque heure précieuse et vécue pleinement entre les longues journées de travail.
jeudi 16 septembre 2010
Bienvenue !!
Je suis une jeune journaliste de 24 ans, et je suis de près l'actualité en France et en Europe. Vous découvrirez ce que j'en pense, le regard que je porte sur les événements émaillant l'actualité. N'hésitez pas à ouvrir les débats, je vous proposerai un fauteuil et de quoi boire. Avec ou sans glaçons, votre crème de whisky ?
BONNE LECTURE !!
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